dimanche 20 mai 2018

L'APHG-LR sera en visite au Musée de l'Exil



Le 16 juin prochain, l'APHG-LR participera, en partenariat avec le Maitron Languedoc-Roussillon, à une visite guidée du Musée de l'Exil à la Junquera par son directeur, à 15 heures.
L'inscription est obligatoire pour une raison de places disponibles. Pour tout renseignement ou demande particulière, vous pouvez laisser un message à l'adresse suivante : aphg.languedoc@gmail.com, ou contacter le 06-61-12-47-54.





dimanche 13 mai 2018

A VOS AGENDAS!



SORTIE ANNUELLE DE L'APHG-LR



Le samedi 2 juin, l'APHG-LR organise sa sortie annuelle à la journée. Cette année, le site visité sera celui de TAUTAVEL, dans les Pyrénées Orientales.
Au programme, on a une visite commentée de la grotte, puis des musées. Le repas est au prix de 20 euros. L'APHG-LR offre l'apéritif pris à la cave de Tautavel.
Pour tout renseignement complémentaire (covoiturage, etc), on peut contacter le 06-61-12-47-64 ou laisser un message à l'adresse suivante : aphg.languedoc@gmail.com.
Un bon moment en perspective où la culture et la convivialité se rencontrent!




Précision : L'accueil à 9 h 30 aura lieu au musée de la Préhistoire, avenue Léon-Jean-Grégory(celui situé le plus en hauteur, pas celui situé à côté du Palais des Congrès).




dimanche 6 mai 2018

MAI 68, ce n'était pas qu'à Paris!



L'APHG-LR soutient et signale une exposition accompagnée d'activités organisée par les Archives Départementales de l'Hérault à Pierresvives.




Pour en savoir plus, vous pouvez cliquer sur le lien ci-dessous :




mercredi 11 avril 2018

Festival d’Histoire et Cinéma de l’institut Jean Vigo 2018




Cette année, l’institut Jean Vigo consacre son festival d’Histoire et Cinéma aux espions. La thématique est plus que jamais d’actualité avec l’affaire Skripal : l’empoisonnement d’un espion russe, puis double, à Salisbury en mars 2018, et sa vague punitive d’expulsions de diplomates russes, et, en représailles, celle de diplomates de quelque 20 États européens. 




Le monde des ombres au cinéma peut être divisé en 4 thématiques. 1) Les espions par trois maîtres du 7e Art : Fritz Lang (Docteur Mabuse 1 et 2, 1921 et 1922 ; Les espions, 1928 ; Les espions sur la Tamise, 1944 ; Cape et poignard, 1946). Alfred Hitchcock (Les enchaînés, 1946 ; Les 39 marches, 1935 ; Correspondant 17, 1940 ; L’étau, 1969). Jean-Pierre Melville (L’armée des ombres, 1969 ; Le samouraï, 1967). 2) La guerre froide : Le troisième homme (C. Reed, 1949), L’erreur du résident (V. Dorman, 1968), Le serpent (H. Verneuil, 1973), Une femme en péril (P. Yates, 1987), La taupe (T. Alfredson, 2012), Le pont des espions (S. Spielberg, 2015). 3) La figure de l’espion : Les vampires (L. Feuillade, 1915), Salonique, nid d’espions (G. W. Pabst, 1936), Agent X27 (J. von Sternberg, 1931, L’affaire Cicéron (J. L. Mankiewicz, 1952), Black Book (P. Verhoeven, 2006), Le conformiste (B. Bertolucci, 1970), The Human Factor (O. Preminger, 1980), Bons baisers de Russie (T. Young, 1963), Les espions (H.-G. Clouzot, 1957)... 4) Qui contrôle qui ? Qui contrôle quoi ?: Le dossier 51 (M. Deville, 1978), Osterman week-end (S. Peckinpah, 1983), La petite fille au tambour (G. R. Hill, 1984), J. Edgar (C. Eastwood, 2012), Le petit soldat (JLG, 1960-63), Le combat dans l’île (A. Cavalier, 1962), Snowden (O. Stone, 2016), Ghost in the Shell (M. Oshii, 1995), Redacted (B. de Palma, 2007)... 

Le jeune public, notamment lycéen et étudiant en cinéma, bénéficie d’une programmation spécifique en plus de celle du festival, avec des conférences, master class et leçons de cinéma. 

Les adultes, eux, ont droit, le vendredi 13 (de 21 heures à 5 heures du matin), à une Nuit du cinéma (Dark City, Mutafukas, Rien que pour vos cheveux, Detective Dee : le mystère de la flamme fantôme). Signalons les invités qui viendront présenter leurs films ou/et dédicacer leurs livres : Costa Gavras (Un homme de trop (1967) - en ouverture du festival - Etat de siège, 1973, et Missing,1982), Yves Boisset (L’attentat, 1972), Serge Le Péron (J’ai vu tuer Ben Barka, 2005), Gilles Bourdos (Disparus, 1999), Thomas Kruithof (La mécanique de l’ombre, 2016). 

Historiens, critiques et professionnels du cinéma, participeront aussi aux débats et tables rondes : Béatrice de Pastre, Ghislaine Gracieux, Émile Breton, Bernard Eisenchitz, Antoine de Baecque.  


Albert MONTAGNE

lundi 2 avril 2018

Vincent Duclert à Béziers le 28 mars dernier



Le mercredi 28 mars, Vincent Duclert est venu à Béziers, à l'invitation de l'APHG-LR et de son président, Richard Vassakos, pour une conférence sur l'affaire Dreyfus et son écho actuel.
L'orateur a d'abord souligné combien cette affaire a renforcé un virage démocratique de notre pays qui n'avait rien d'évident. Marquant la victoire du savoir et de l'intelligence contre les préjugés et l'intolérance, elle fut aussi un événement mis en scène de façon moderne à son époque, avec par exemple l'usage de la photographie.
Les questions avec la salle ont été l'occasion d'approfondir plusieurs points, en particulier sur la période la plus récente. Longtemps occulté au profit de Zola, le personnage de Dreyfus a été davantage mis en valeur récemment, et Vincent Duclert a été à l'origine d'une proposition de panthéonisation en 2006. Elle n'a pu aboutir mais elle représentait déjà un progrès pour un officier dont l'armée n'accepte toujours pas de faire un modèle et dont la statue boulevard Raspail à Paris et le tombeau sont plus souvent qu'à leur tour souillés et dégradés.
Le public, venu nombreux, avec beaucoup de collègues, est sorti très satisfait. On ne pourrait conclure sans évoquer la qualité de l'accueil de l'équipe de Sortie-Ouest, et notamment de Mme Boubekeur, qui ont mis à la disposition de l'association ce magnifique cadre qu'est la chapelle du domaine de Bayssan.







mardi 27 mars 2018

Compte-rendu de conférence : les "pieds-rouges" 



La régionale de l'APHG est heureuse de publier le compte-rendu d'une conférence tenue, à l'invitation de notre collègue Laurent Soria, devant les élèves de CPGE du lycée Henri IV de Béziers par Mme Catherine Simon, ancien grand reporter au journal Le Monde, sur les "pieds-rouges". Il a été rédigé par deux élèves, Perrine Le Balch et Gaspard David. Nous ne pouvons que les féliciter pour la qualité de leur texte, réalisé alors que leur charge de travail est déjà fort lourde.








La conférence organisée pour les élèves de la CPGE Henri IV Béziers qui s’est déroulée le 9 décembre 2017 leur a permis de rencontrer Catherine Simon, auteure de Algérie, les années pieds rouges. Cette dernière est intervenue afin de présenter l’histoire souvent méconnue de ceux que l’on a appelé les « pieds rouges », ces Français qui sont restés après l’indépendance de l’Algérie pour aider à la reconstruction du pays.




Catherine Simon est partie du constat qu'après la fin de la guerre, l'histoire commune entre l'Algérie et la France semble être tombée dans l'oubli. Effectivement, comme elle le souligne, un grand silence des deux côtés fait suite aux Accords d’Evian. Selon elle, côté français, c’est le silence de la défaite et de l’arrogance. Les grands partis politiques, y compris la gauche de Mitterrand et le parti communiste, avaient voté les pouvoirs spéciaux en 56, et s'attendaient à la victoire française. La seule véritable opposition à la guerre est venue des « porteurs de valises », dont certains sont plus tard devenus des « pieds rouges ». Certains éléments de l’histoire comme ceux-ci permettent de refuser une approche manichéenne de ce conflit, à la fois guerre et guerre civile : des journalistes, des artistes, des prêtres, des militants catholiques, qui sont devenus complices du Front de libération nationale (FLN). Le fameux réseau Jeanson, se chargera ainsi, pendant pratiquement toute la guerre, de collecter et de transporter des fonds et des faux-papiers pour les membres du FLN de métropole. Ce groupuscule sera finalement démantelé en février 1960 : six Algériens et dix-huit Français, défendus par le jeune avocat Roland Dumas, sont alors inculpés et condamnés. Quinze d’entre eux sont condamnés à dix ans de prison, trois à cinq ans et huit mois, et neuf sont acquittés. Francis Jeanson, quant à lui, sera condamné à dix ans de prison, puis amnistié en 1966. Des intellectuels de gauche apporteront par le « Manifeste des 121 » un soutien à ces « porteurs de valises ».




Ensuite, alors que les « pieds-noirs » rentraient en France dans la précipitation, les « pieds-rouges » arrivèrent sur la terre algérienne pour participer à la Révolution, au rêve algérien. C'était un ensemble assez hétéroclite de personnes : des militants humanitaires, des professionnels de la santé, d’anciens « porteurs de valises », des enseignants et même des étudiants, ayant tout quitté pour rejoindre le peuple algérien. La plupart des Algériens les accueillirent à bras ouverts au début.
Mais suite à trois ans de période de grâce, beaucoup sont rentrés en France à cause du coup d’Etat du 19 juin 1965 du colonel Houari Boumediene. La répression du mouvement kabyle et le code de la nationalité, qui liait la religion à la citoyenneté, ont dissuadé beaucoup de « pieds-rouges » de rester. De surcroît, « les socialistes en peau de lapin », comme les appelle Boumediene, ne sont clairement plus les bienvenus.



La démarche de Catherine Simon a été de recueillir les témoignages de ces « pieds rouges ». Elle a donc parcouru la France pour en rencontrer une centaine et réaliser environ 80 interviews. L’auteure insiste bien sur le fait que c’est un travail de journaliste et non pas d’historien, malgré la recherche importante qu'elle a réalisé afin que les faits soient sourcés et les témoignages vérifiés.



Parmi ces personnes, Catherine Simon a choisi de présenter quelques histoires individuelles :

Annette Roger Beaumanoir, par exemple, née en 1923 en Bretagne, résistante au sein des Jeunesses communistes à 18 ans, elle sert d’intermédiaire pour passer le courrier aux membres de son réseau, et elle devient médecin spécialiste de neuro-physiologie après la guerre. Puis elle quitte le PCF en 1956 et entre dans le réseau Jeanson en 1957. Elle est arrêtée en 1959 mais s’évade pour Tunis (condamnée par contumace à 10 ans de prison). Là, elle remplace Franz Fanon à l’hôpital de Tunis, se consacrant aux soins des soldats traumatisés de l’ALN dans les camps de Tunisie ; en 1962, elle accepte de travailler pour le Ministère de la Santé algérien. Elle a également organisé, grâce aux accords de coopération signés entre la France et l’Algérie, la venue en Algérie de médecins cubains ou bulgares, puis a quitté l’Algérie pour la Suisse après le coup d’Etat de Boumédienne en 1965.

Jean Michel Arnold, un autre « pied-rouge » dont l'auteure fait le portrait dans son livre, a lui été à l'origine, avec Ahmed Hocine et Mohamed Sadek Moussaoui, de la création de la cinémathèque d'Alger en 1964. René Vautier et lui ont participé à la diffusion de la culture cinématographique dans les campagnes algériennes avec les cinépops, des fourgonnettes qui sillonnaient le pays pour organiser des projections en plein air dans les villages. Dans les grandes villes, de nombreux cinéastes sont venus, dont Joseph von Sternberg, Luchino Visconti, Youssef Chahine, Joseph Losey, Sembène Ousmane, Jean-Luc Godard, Alberto Lattuada, Claude Chabrol… Il organise dans ce cadre, le Congrès mondial des documentaristes et les Rencontres des cinémas du Monde pour le premier Festival culturel panafricain en 1969.

Plus largement, les « pieds-rouges » ont contribué au rétablissement du pays, où l'analphabétisme était très important et où toute l'administration étaient auparavant gérée par les pieds-noirs ou les métropolitains. Ils ont permis la formation de médecins, infirmiers ou professeurs algériens.

Globalement, explique Catherine Simon, les « pieds-rouges » ont été très bien accueillis en Algérie. Le pays était dévasté et ces gens apportaient quelque chose. Ils donnaient un espoir d’éducation. Les villages se disputaient les instituteurs, les infirmiers, afin de pouvoir se développer. La population algérienne, en dehors de l’armée, n’avait pas un fort ressentiment envers les Français. Les « pieds rouges » furent étonnés par la gentillesse des Algériens. En revanche, il y avait une certaine méconnaissance de la part des « pieds-rouges » sur ce qu'était réellement l'Algérie. Ils pensaient que tous les Algériens étaient comme ceux qu’ils avaient côtoyés en France, libres de parole, bon vivants. Or, dans les grandes villes, ils ont été confrontés aux différences d'attitude entre progressistes et conservateurs.

La fin de cette vague d’enthousiasme, la désillusion sur le sort de la révolution algérienne et le retrait progressif des « pieds-rouges » arriva avec l'arrivée de Boumédienne et des militaires au pouvoir. Malgré cela, souligne Mme Simon, des liens forts ont perduré entre les « pieds-rouges » et les Algériens pendant des années.

Une certaine nostalgie subsiste parmi les survivants ainsi qu’un sentiment de désabusement devant la mémoire tronquée dont les commémorations des deux côtés de la Méditerranée témoignent encore aujourd’hui : « Nous aussi, nous sommes les cocus de l’histoire. Pas de manière aussi dramatique que les pieds-noirs ou les Harkis mais quand même un peu », a déclaré Jean-Marie Boëglin, un ancien « pied-rouge » de 85 ans à un journal français en 2012, à propos des cérémonies du cinquantenaire de l’Indépendance à Alger.




En conclusion, on ne peut que remercier l'auteure d'être venue jusqu'à Béziers présenter, à l'invitation de M. Soria, professeur d'Histoire en CPGE, un pan méconnu de l'histoire de l'indépendance de l'Algérie, et surtout une leçon d'humanisme et d'entraide entre des peuples que tout séparait.







vendredi 9 mars 2018

A VOS AGENDAS!
L'APHG Languedoc-Roussillon organise le 28 mars près de Béziers une conférence avec Vincent Duclert, LE spécialiste incontesté de l'affaire Dreyfus.
Elle est bien sûr ouverte à tous, enseignants comme non-enseignants.